LOUIS BENECH, LES MILLE ET UN DÉTOURS DU JARDIN

Cet amoureux des arbres et des promenades profondément marqué par l’admiration qu’il porte à Le Nôtre revient sur son parcours de paysagiste

Après des études de droit vous êtes allé en Angleterre travailler chez les pépiniéristes Hillier. A première vue, c’est un changement plutôt brusque.

Il faudrait poser la question à l’envers. Pourquoi avez vous fait du droit ? Mon rêve d’enfant a trainé en longueur. Tous les enfants du monde pensent être médecin ou que sais-je d’autre. J’ai voulu être vétérinaire pendant trois secondes mais, je rêvais d’être ingénieur des Eaux et Forêts parce que j’adorais les arbres. Mon cher père, avec lequel j’ai des relations difficiles, garde une photo de moi en train d’embrasser un chêne de la forêt de Benon, au nord est de la Rochelle. C’était plus une forêt de taillis qu’une belle futaie. Les chênes n’étaient pas très gros mais suffisamment pour qu’ils puissent être embrassés. Mais il a bien fallu abandonner les Eaux et Forêts, car malgré une mention bien au bac, le 6 en maths et le 7 en physique ne me laissaient aucun espoir. Ma professeure de l’époque s’est réjouie en me disant «  Louis, je vous le dis depuis des années, vous êtes un littéraire et pas un scientifique ». Pourtant, j’ai toujours aimé les sciences naturelles. Petit, je possédais des collections de cailloux qu’un foreur d’Afrique du nord m’avait données. Je chassais le papillon et j’avais amassé tous les livres sur le sujet. J’adorais les oiseaux et restais des heures à les observer. A l’île de Ré, où j’ai été élevé, il n’y avait pas d’arbres ce qui explique peut-être que l’on aime ce qui vous manque, l’herbe étant toujours plus verte ailleurs. Avant leur disparition, il y avait des arbres très étranges en forme de club de golf, le vent ayant largement déporté leurs couronnes vers le nord-est. C’étaient des ormes avant la maladie qui les a tous décimés. Je me souviens que, dans la 2CV de mes parents, je passais mon temps, les yeux collés à la vitre arrière, à les voir défiler au-dessus de moi. J’étais fasciné par la capacité de la nature à tailler et à produire ce que les japonais ont toujours cherché à reproduire de façon artificielle en essayant d’en imiter la puissance.

Mais vous avez tout de même choisi le droit avant d’emprunter la voie des jardins?

J’ai fait du droit par élimination parce que j’étais incapable de faire autre chose, ma formation littéraire trop limitée ne me permettait pas de faire Normale. Dans mon esprit, parmi les débouchés de Normale, il y avait l’enseignement mais je ne me suis jamais senti suffisamment généreux pour enseigner même si c’est un métier extraordinaire. En dépit de ma curiosité, toutes les matières choisies par les littéraires ne m’attiraient pas. Le droit m’a puissamment ennuyé mais quand je me mettais à travailler sérieusement cela me passionnait. J’hésitais à tel point que je ne savais pas si je voulais être pénaliste ou avocat international. J’ai fait mon mémoire de maîtrise sur la protection des végétaux en danger avec un spécialiste du droit maritime qui me disait « Louis, pourquoi perdez vous votre temps sur des sujets qui ne servent à rien » alors qu’aujourd’hui on me qualifierait d’opportuniste. 

 

 

Louis Bénech, Jardins du château de Villandry, 2007
Louis Benech, Jardins du château Villandry, 2007

Finalement vous étiez à l’avant-garde !

Je ne suis pas botaniste mais je connais plutôt pas trop mal les plantes et j’ai beaucoup appris dans les jardins botaniques, mais avec la parfaite conscience que c’est le plus mauvais moyen de conservation des végétaux.

Pourquoi ?

Il faut conserver le végétal en danger sur son site. Le musée de la plante n’est pas forcément une bonne idée. Le Franklinia alatamaha des Appalaches, plante éteinte aux Etats-Unis, appartient à la famille du camélia et du thé. Elle a été décrite par le botaniste américain William Bartram à la fin du XVIIIe siècle qui a réussi à en conserver un pied. Tous les Franklinia dans le monde sont issus de boutures opérées à partir du seul échantillon restant. Ce n’est pas vraiment un exemple de biodiversité. Il est présent sur la planète et largement distribué dans les pays tempérés. C’est un arbuste assez costaud qui peut monter à 5 mètres de haut et doté d’une floraison estivale, alors qu’il y a peu d’arbuste à floraison estivale. Le Franklinia ressemble à un camélia simple avec une grosse fleur blanche et une jolie étamine jaune au centre, ressemblant à celle de l’églantine et il est suffisamment compact pour être visible de loin. Une caractéristique qui m’intéresse particulièrement pour structurer le paysage car je me sers plutôt d’éléments qui se lisent bien. En vous parlant d’extinction, ce qu’il aurait fallu protéger c’est la zone de pousse, de sorte que le Franklinia puisse se reproduire spontanément. Ce qui m’énerve un peu dans tous les propos évoquant la biodiversité, c’est que l’on ignore la capacité de modification au sein d’un même genre et donc d’adaptation pour en revenir à Darwin. En fait, le musée dans un sens promeut l’anti biodiversité. Quand on parle de biodiversité dans les jardins cela n’a rien à voir avec ce que l’on accumule dans son jardin par contre, c’est une source de biodiversité pour la faune, la flore et surtout les insectes. Le choix suscite la biodiversité. On se trompe beaucoup sur la question. Quand je vois la ministre de l’environnement faire des discours sur les produits phytosanitaires en insistant sur les produits d’origine naturelle, j’ai envie de lui dire que je suis capable d’éliminer tout ce qui vit à coup de choses naturelles ? Aujourd’hui, on doit non seulement éviter d’intoxiquer l’homme mais surtout préserver la globalité du vivant. Ce n’est pas parce que c’est naturel que ce n’est pas chimique et ce n’est pas parce que c’est naturel que ce n’est pas toxique. D’ailleurs tout est chimique.

Revenons à ce passage en Angleterre ?

En Angleterre, le jardin est un sport national alors que la France n’a pas l’âme jardinière. Les gens ne savent pas ce que c’est qu’un équilibre et donc ignorent ce que l’on doit supprimer pour régler cet accord.

Le jardin, c’est un artifice, on n’est plus dans la nature, il s’inscrit dans une volonté humaine de recherche des alchimies qui suscitent le plaisir.

L’équilibre n’est pas naturel ?

On vit en permanence dans des équilibres qui sont artificiels en tout cas en milieu urbain. Pour revenir à un propos écologique, on a encore des ormes aux Tuileries mais ce que personne ne dit, c’est que la protection contre la graphiose, le champignon responsable de la mort de l’arbre, est liée à la pollution. Le dioxyde de carbone empêche l’insecte vecteur de proliférer en milieu urbain. Je cite cet exemple parce que l’on passe son temps à se plaindre. Les ormes, vous voyez à quel point ils m’importent depuis le début de l’entretien, on les perd beaucoup moins en ville qu’en milieu rural. La vie est faite de contre-exemples.

Qu’est ce qui vous fait aimer les jardins

Les plantes apparemment se racontent des histoires entre elles. Ce que l’on a observé est particulièrement troublant. Un arbre qui affronte une situation difficile : nouvelles conditions de vie, sécheresse, sur humidité, creusement d’une tranchée, sectionnement des racines va plus fructifier que d’habitude. Il surfleurit pour assurer sa descendance. On a constaté que les arbres étaient capables de se prémunir, de communiquer entre eux en secrétant collectivement certaines molécules pour éloigner les insectes indésirables. Chez Hillier, pour revenir à mon séjour en Angleterre, avec ceux que l’on appelle « les multiplicateurs » qui bouturent, qui sèment ou qui greffent, l’éventail de ce que l’on apprend est encyclopédique. Certaines graines ne germent qu’après leur passage dans les sucs gastriques des estomacs d’oiseaux ou qu’après avoir subi des incendies. En Californie où depuis des siècles les incendies sont endémiques, les graines ne germent qu’après avoir été brulées. Aussi, faut-il les passer au chalumeau pour casser leur dormance si l’on veut qu’elles lèvent. Ces pratiques sont grisantes et cela vous garde en enfance à vie. On a pu faire germer des graines trouvées dans les tombes des pharaons parce qu’elles ont une capacité d’autoprotection quasi éternelle. Le fait d’être dans l’obscurité empêche le processus de germination. Toutes ces anecdotes me font aimer les jardins.

Louis Benech, Terrasse à New York, 2006
Louis Benech, Terrasse à New York , 2006.

Que représente le jardin ?

Même si je n’y pense pas quotidiennement, c’est un fragment de paradis. Quand on travaille dans un jardin, c’est un lieu où la capacité de rêve, de louange, de joie circule avec une liberté infinie. J’ai toujours aimé l’observation sans savoir si elle est contemplative. J’ai besoin de jardiner. Quand mon agence se vide en fin d’après midi, je vais dans le jardin regarder ce qui a poussé, ce qui se fane, ce qui annonce en ce moment l’automne, ce qui ne va pas, quel est le dernier aleurode (mouche blanche) qui s’est posé sur la feuille de mon laurier sauce. C’est une thérapie comme la méditation que je ne pratique pas. Mais cet individualisme va de pair avec un sentiment de partage quand je travaille sur des jardins publics. Dans les deux cas, Je pense toujours à celui qui va s’y promener. Je suis très heureux comme un chat solitaire et extrêmement heureux en société. J’aime beaucoup les gens et m’en passe aussi très bien car pour mon équilibre personnel, j’ai besoin de moments d’absence. J’ai vécu avec quelqu’un qui ne pouvait pas vivre deux secondes tout seul mais ce n’est pas mon cas. Cependant, j’aime fondamentalement le jardin égoïste.

Vous vous considérez plus comme un artiste qu’un créateur de jardins ?

 

Louis Bénech, Chalet en Suisse, 2006
Louis Benech, Chalet en Suisse, 2006.

 

Créateur de jardins, oui, mais artiste, non, parce que les paramètres que l’on à gérer ne laissent qu’une faible marge de manœuvre. L’artiste par contre a une vraie liberté. La personne qui dessine des jardins en a très peu. Il a un sol, un climat, une situation, un contexte et des usages variés. Et même si le programme de la commande n’est pas écrit, je suis obligé de l’inventer. On peut tout faire, le monde végétal est invraisemblablement vaste. On peut évoquer une ambiance mais une composition de grosses feuilles par exemple peut parfaitement s’inscrire dans un contexte spécifique mais n’a aucun sens dans un autre. J’analyse le cadre physique, je me demande comment je peux utiliser les défauts ou les qualités du terrain en m’efforçant de comprendre pourquoi je fais les choses. Et surtout, j’évalue la capacité des propriétaires à pourvoir à l’entretien de leur jardin. Durant les deux ou trois premières années, un jardin exige beaucoup de travail, après il prend une vitesse de croisière. Mais même durant cette période, le jardin est plus ou moins chronophage. Il requiert des paires de bras donc de l’argent. De temps en temps, j’aimerais bien écouter mon seul plaisir mais je ne le fais pas.

Le jardin à la française rime t-il avec plaisir?

Certes, il est très rationnel mais une fantaisie folle l’habite. En général, on omet la fantaisie qui transforme la perception du lieu, ces troubles incroyables que Le Nôtre a su suggérer partout où il est passé. On en parle peu parce que l’on ne sait pas vraiment en parler, parce que c’est complexe, ça ne saute pas aux yeux et en général, ça nous dépasse. Si on décrit Vaux-le-Vicomte sans expliquer les « blagues », c’est d’un ennui fétide. Ça devient drôle par exercice intellectuel puisque l’on comprend qu’il faut aller au bout et revenir. Aller au bout cela veut dire découvrir d’autres histoires qui exigent un peu plus de temps que d’y porter vaguement le regard.

Et que découvre t-on en allant au bout de l’allée ?

Des grilles du château on voit au loin la statue de l’Hercule Farnèse à la même hauteur que soi. Donc on n’a aucune idée de ce qui va suivre et l’on pourrait croire que le jardin s’étend sur un grand plat. Pourtant, quand on descend les marches du perron du château côté sud, l’Hercule Farnèse a l’air d’être plus haut et on pense que l’on va monter vers lui or, on ne fait que descendre. Le Nôtre n’a cessé de transformer la perception de l’espace de ses jardins en réduisant l’échelle des sites sur lesquels il travaillait à Versailles comme aux Tuileries. Le jardin est une terre de découverte dans tous les sens du terme, c’est une terre d’introduction d’un point de vue botanique mais c’est aussi une terre de surprise. Prenez encore Le Nôtre à Versailles. Partant de la galerie des glaces, on descend, on traverse le parterre d’eau et on arrive à cinq mètres d’une volée de marches où l’on découvre subitement le bassin de Latone. Tout est fait pour nous inciter à poursuivre la promenade.

Vos jardins entretiennent-ils cet esprit de découverte ?

Je n’y pense pas particulièrement mais la majorité de mes jardins cultive cette sensation de surprise. Là où je travaille en ce moment, je m’emploie à oublier la géographie du lieu en créant des escaliers dérobés de manière à ce que l’on découvre à la dernière seconde du parcours l’endroit par lequel on pourra s’échapper. Nul besoin de voir l’issue de loin, je préfère que cette sortie dissimulée apparaisse dès l’instant où l’on ne sait plus trop comment quitter les lieux. Il y a mille et une façons de suggérer le plaisir de la promenade. Je n’aime pas revenir sur mes pas. D’ailleurs, Vaux-Le-Vicomte a beau être construit sur un aller et retour, il multiplie les coups de théâtre. Quand on rebrousse chemin on ne voit plus un bout de vert, plus une topiaire, plus une broderie, on ne voit que des murs. Le château est posé sur un socle complètement minéral qui s’inscrit exactement dans le bassin carré jusqu’au belvédère clocheton avec juste un peu de ciel au-dessus. C’est le résultat d’un super calcul exécuté sans aucun essai. En revanche, quand je travaille sur des effets de perspective, je déplace, je défais, c’est plus empirique, plus intuitif. Depuis que compose des jardins, et j’en parle extrêmement peu, c’est toujours assez approximatif et ça frise l’échec en permanence alors qu’avec Le Nôtre il n’y a jamais d’échec. C’est bien la première fois que j’en parle.

Le plan a t-il une importance dans la conception des jardins ?

Je ne me fie pas trop aux plans. J’ai vu souvent de très jolis plans qui ne donnaient rien d’intéressant en pratique, dans la tridimensionnalité de l’élévation. Par contre, penser en priorité à celui qui va s’y déplacer me semble plus important que le plan. Le parc André-Citroën dans le XVè arrondissement est le parfait exemple d’un jardin très dessiné, très référencé. Mais où est-on ? À Los Angeles ? Ailleurs ? Impossible à savoir, nul ne peut deviner que ce jardin est à Paris.

 

 

Louis Bénech, Jardin des Tuileries, 1999-2000
Louis Benech, Pascal Cribier, Jardin des Tuileries, 1999-2000.

Quand vous dites qu’un jardin n’est pas photogénique et qu’il correspond davantage au sentiment que l’on en a, est-ce une manière de souligner qu’un jardin ne se fait pas uniquement sur plan ?

Oui, on ne crée pas plus un jardin sur plan qu’on ne le crée pour qu’il soit photogénique. Mais quand je dis que je ne le crée pas pour qu’il soit photogénique cela ne veut pas dire que je ne connais pas les ingrédients de la photogénie, dont par ailleurs je n’hésite pas à me servir. Je sais qu’avec les expositions est-ouest, si j’ai envie de jouer sur la lumière, il y aura un moment où les ombres portées seront plus longues et favoriseront les transparences de l’arrière-plan. Je pense aussi aux incidences des heures du jour. Un jardin n’est pas seulement photogénique, parce qu’une photo est prise à un temps T et que tout dépend de la façon dont elle est prise, du vide que l’on a derrière soi, et cette réalité là, jamais la photographie ne pourra la montrer. Je conçois mes jardins comme une promenade et pas comme un cliché. Je ne donne jamais de consignes aux photographes et je le regrette. La photographie aplatit et souvent ignore la diversité des perceptions qui me permet de construire un jardin. Sa visibilité ne dépend pas que d’un seul point de vue. Le jardin privé peut être vu de la maison ou de l’extérieur, en été ou en hiver. Et c’est aussi vrai des lieux publics : comment y accède-t-on ? Quelles sont les perceptions ou absences de perception que je souhaite donner tout au long du parcours. A Charléty (Square Nicolas Forestier, 75013) on ne sait pas vraiment où sont les entrées, il faut les chercher et on ne sait pas davantage ce qui se passe derrière.

Comment dans ce jardin public parisien avez vous traité le proche et le lointain ?

À Charléty, j’ai utilisé le ciel en profitant de la fantastique chance d’être mitoyen du cimetière de Gentilly où une tombe même si c’est une chapelle funéraire grandiloquente ne mesure pas un étage. Aussi profitant de ce vide, j’ai tout ouvert sur le cimetière. Dans ce lieu en particulier, l’absence de limites est un atout dont je tire parti. En revanche, je peux aussi établir des limites parce que ce que je vois au-delà du jardin ne me convient pas et que je souhaite éviter des croisements ou des télescopages malencontreux. Peut-être suis-je trop conservateur dans ma façon de voir les choses, mais je pense que la fonction du jardin doit plus que jamais être une trêve dans la bousculade quotidienne. Et pour que cela soit une trêve, je ne veux pas voir de voiture, ni entrapercevoir un signe du brouhaha urbain. Je parlais de paradis précédemment, c’est bien prétentieux sans doute mais je recherche un lieu de divertissement intellectuel, et le divertissement passe par le rythme du caché-dévoilé.

Il y a du secret dans le jardin ?

Peut-être mais j’aime aussi la vue. Et cela m’arrive de travailler sur des endroits à priori entièrement visibles. Au jardin des Tuileries avec Pascal Cribier, on ne voulait aucune interférence dans le rythme. Il y a des transparences qui apparaissent de manière à peine perceptible entre les fûts d’arbre. Dans cette forêt très organisée puisque tout est planté de manière orthogonale et régulière nous voulions que l’on puisse lire les terrasses et les murs des terrasses. On avait droit à une hauteur qui était inférieure à celle du regard et à un plafond qui était celui de la couronne basse des feuilles taillées qui, si elle construit des écrans, autorise cependant l’œil à filer dans toutes les diagonales, à parcourir tout l’espace du jardin. On a bataillé ferme pour que les kiosques soient les plus légers possibles. Nous voulions surtout éviter les fausses transparences du verre. Sa présence matérielle induit des interruptions dans l’espace car en dépit de sa limpidité il génère des ombres et des reflets. Le cloisonnement à l’anglaise me plait mais j’ai évolué, je n’aime plus être enfermé. Aujourd’hui, si j’en avais la possibilité je choisirais une maison avec une vue. 

Votre enfance dans l’île de Ré vous a t-elle aidé à rêver vos jardins ?

Les relations sont multiples. J’ai un père architecte qui, dans les moments extrêmement heureux de mon enfance, me montrait tout ce qui l’intéressait. J’ai été élevé avec l‘église de Ronchamp du Corbusier en tête, et les tiroirs de Charlotte Perriand à portée de main. Aujourd’hui, c’est à la mode, presque un lieu commun alors que personne n’en parlait à l’époque. Il n’y a pas d’arbre à Ré, il y a de la place. Un jour on m’a demandé de fournir une photo qui illustrerait ce que j’aime. Il suffit de prendre n’importe quelle photographie de mer, c’est un horizon, c’est du vide et c’est tout ce que j’aime.

Propos recueillis par B.Raison. Le jardin, reflet des cultures et de l’histoire, Revue des Deux Mondes. Hors-série patrimoine, avril 2027.

Photo de couverture, Louis Benech, Château de Pange, Lorraine, 2003.

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