L’ESPRIT DU BAUHAUS

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L’influence artistique du Bauhaus reste démesurée par rapport à sa brève existence de 1919à 1933 dans l’Allemagne bouleversée de l’entre-deux-guerres. Ce ne fut ni un mouvement ni un style mais bien une école extraordinaire dont l’utopie consistait à construire un nouvel environnement de vie accessible par le biais d’une synthèse alors révolutionnaire réunissant les arts plastiques, l’artisanat et l’industrie. Commencée sous les auspices démocratiques de la République de Weimar l’aventure s’acheva amèrement à Berlin sous la pression des nazis. Pourtant rien ne s’arrêtera vraiment, les enseignants et les élèves prirent le large s’empressant de transmettre leurs expériences. Certains comme Walter Gropius son fondateur, Marcel Breuer, ou Josef et Anni Albers émigrèrent aux Etats-Unis. On a malheureusement l’habitude de distinguer les professeurs prestigieux qui y enseignèrent notamment Paul Klee, Wassily Kandinsky, Lázló Moholy-Nagy… Or et, c’est tout l’intérêt de l’exposition qui, sans renoncer aux icônes incontournables de l’histoire de l’art, s’attache surtout à mettre en valeur l’organisation de la formation des 1250 étudiants qui eurent la chance de suivre un tel enseignement. Insistance qui permet de concrétiser la vision collective voulue par son créateur. Car le Bauhaus ne rassemble pas seulement différentes disciplines (céramique, menuiserie, sculpture, peinture, théâtre, architecture, photographie) mais entend casser les frontières qui les séparent afin de réaliser cette œuvre d’art totale dont rêvaient déjà les opéras de Wagner. Le mot lui même Bauhaus contient en germe cette ambition. Bauen comme le précise Jean Louis Gaillemin dans le catalogue est plus proche d’agir que de construire donc Bau serait l’œuvre, l’ouvrage. Haus signifiant maison, le Bauhaus serait alors la maison où se conçoit la fusion revendiquée des beaux-arts. Une interprétation alléchante à la mesure du parcours ou en fonction des différents ateliers exposés métal ou peinture sur verre on observe les liens entre eux ainsi que les méthodes de travail tout en découvrant l’héritage foisonnant du Moyen Age aux arts asiatiques qui a nourri cette fabuleuse chevauchée dont l’esprit plane toujours sur nous.

BERTRAND RAISON

L’Esprit du Bauhaus, Musée des Arts Décoratifs, jusqu’au 26 février 2017

Palace Costes N° 65 dec 16-Jan 17

 

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